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Newsletter du 2ème trimestre 2011


JESUS ET LE PERE
Editorial n°45 – Avril 2011 (2ème trimestre 2011)


Moïse, comme nous l’avons vu dans la newsletter trimestrielle précédente, n’a pu voir le visage du Seigneur. « L’Eternel, ton Dieu, te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères, un prophète comme moi : vous l’écouterez ! » (Dt 18,15) C’est en Jésus que s’accomplit cette promesse du nouveau prophète.
« Personne n’a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père , est celui qui l’a fait connaître. » (Jn 1,18) Il vit devant la face de Dieu, non seulement en qualité d’ami, mais en qualité de Fils, il vit dans l’union la plus intime avec le Père. Sa prière, son enseignement, sa volonté… tout est plongé dans le Père et vient du Père. « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. » (Jn 5,19)



LA PRIÈRE ET L’ENSEIGNEMENT
La Parole nous enseigne que Jésus se retira souvent dans la montagne, à l’écart, pour prier et prier seul, avec le Père.
Lorsque Jésus prie le Père, il s’adresse à lui par un « Abba ! » (Mc 14,36) et il enseignera à ses disciples à faire de même: « Lorsque vous priez dites : « Notre Père… » (Mc 6,9+)

Quand nous disons le « Notre Père » , s’accomplit en nous la promesse concernant les vrais adorateurs qui adorent en « esprit et en vérité » (Jn 4,23). Le Christ qui est la vérité nous a donné les mots et en eux il nous donne le Saint Esprit. Le « Notre Père » vient du dialogue du Fils avec son Père, de Jésus lui-même, de sa propre prière avec son Père.
Le « Notre Père » commence en nous apportant une grande consolation : nous pouvons dire « PERE » . Ce mot contient toute l’histoire de la Rédemption. Nous pouvons dire « Père » car Jésus, le Fils, nous a révélé le Père et par son action salvatrice, nous sommes devenus enfant de Dieu
Mais aujourd’hui l’expérience du père est souvent une expérience obscurcie et mauvaise : un père absent, inexistant, violent… Nous devons avant tout apprendre, à partir de Jésus, ce que « Père » signifie et nous réconcilier avec lui.

« Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent… » (Mt 5,44) L’amour qui va « jusqu’au bout » (Jn 13,1), accompli par Jésus sur la croix en priant pour ses ennemis, nous montre la nature du Père. Il est Amour. Parce que Jésus accomplit cet amour, il est entièrement Fils et il nous invite à devenir à notre tour des « fils » .
Par Jésus, nous trouvons le Père. « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14,8-9) répond Jésus à Philippe qui lui demandait de lui montrer le Père. Nous ne sommes pas de manière achevés des fils de Dieu mais nous devons le devenir et l’être de plus en plus en profondeur, à travers notre intimité avec Jésus. Etre fils, c’est suivre Jésus « Tout ce qui est à moi est à toi » (Jn 17,10 / Lc 15,31) et ainsi découvrir le Père.

« Si donc, méchants comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses (le Saint-Esprit) à ceux qui les lui demandent. » (Mt 7,11 et Lc 11,13) Parce que le Père nous a aimé, nous aime et nous aimera, Il nous a donné son Fils, afin que nous puissions le contempler, lui, le Père à travers le Fils. En nous envoyant son Fils, il n’avait qu’un désir : se rapprocher encore plus de nous ! Et en nous envoyant son Fils, c’est son Esprit qu’il a nous donné qui nous fait nous écrier « Abba ! Père ! » Paul écrit « Vous n’avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions: Abba ! Père ! » (Rm 8,15)
« En ce moment même, Jésus tressaillit de joie par le Saint–Esprit, et il dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi. » (Lu 10:21) Regardons Jésus, entrons dans son intimité et laissons-nous conduire par l’Esprit, pour qu’à notre tour, l’Esprit nous fasse tressaillir de joie dans notre prière au Père.

C’est à travers l’évangile de Jean, que nous pouvons le mieux entrer dans la prière de Jésus : avant d’être une prière de demande, la prière de Jésus est une prière de contemplation, d’intimité avec le Père. « En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'étonnement. » (Jn 5,19-20)
Le Fils, à l’école du Père, contemple et regarde le Père faire et l’imite. Si la vie de Jésus est une vie au service de la Vie et porteuse de fruits de vie, cela est du à sa vie contemplative, d’intimité avec le Père, dans laquelle il contemple le Père, donateur de Vie. Dans son action, il imite le Père. « Toutes choses m'ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n'est le Père; personne non plus ne connaît le Père, si ce n'est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » (Mt 11,27) Regarder le Père, c’est regarder le Fils regardant le Père…


La montagne est le lieu de prière de Jésus, de son face à face avec le Père. C’est pour cela qu’elle est aussi le lieu de son enseignement, qui procède de l’échange intime avec le Père.
Pour comprendre Jésus, il ne faut pas omettre cela : son enseignement ne vient pas d’un enseignement humain, mais donné avec autorité et venant directement du Père. « Je dis ce que le Père m’a enseigné et celui qui m’a envoyé est avec moi » (Jn 8,28) Il provient de ce contact direct avec le Père, du dialogue, du « face à face » , de la vision qui est dans « le sein du Père » (Jean 1,18)

« Je ne suis pas venu abolir mais accomplir la Loi et les prophètes. » (Mt 5,17-19) Ce qui frappe c’est que Jésus expose le rapport entre la Torah de Moïse et la Torah du Messie sous forme d’une série d’antithèse : « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens… et moi je vous dis » Le « Je » de Jésus s’affirme avec une autorité qu’aucun maître de la loi ne peut se permettre. Il n’enseigne pas comme le font les rabbis mais « en homme qui a autorité » (Mt 7,28-29 ; cf Mc 1,22 ; Lc 4,32). La foule est frappée, étonnée par son enseignement car Jésus ose parler avec l’autorité de Dieu, non comme les scribes. Cette autorité lui est donnée de par sa proximité avec le Père, son obéissance et son écoute. Ce « Je » de Jésus incarne la communion de volonté du Fils et du Père, c’est un « Je » qui écoute et qui obéit et qui nous apprend à discerner ce qui est juste et bon.


La seule façon de prier correctement, comme il faut : c’est prier comme Jésus nous l’a enseigné sur la base de la Parole et par son Esprit et non sur la base de notre inspiration ou de nos caprices. « De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables » (Rm 8,26). De même, notre seule façon de prier ou d’enseigner avec l’autorité du nom de Jésus, est de nous plonger dans cette intimité avec Jésus, pour qu’il nous ouvre la porte qui nous mène au trône du Père et que nous recevions les révélations, l’autorité, la puissance, les armes… dont nous avons besoin.
Mais ce que Jésus nous révèle aussi en tant que Fils, c’est son obéissance au Père…



FAIRE LA VOLONTE DU PERE
« Ma nourriture c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé » (Jn 4,34) dira Jésus. Cela signifie : la volonté du Fils unie avec la volonté du Père, qui est la source de la vie. Toute l’existence de Jésus est résumée dans ces paroles « Je suis venu pour faire ta volonté » (Hb 10,9)
Mais comment voir la volonté du Fils dans celle du Père ? Comment comprendre cette obéissance radicale du Fils ?

A Gethsémani, nous voyons que la volonté du Fils est unie totalement à la volonté du Père.
Le drame du Mont des Oliviers consiste en ce que Jésus ramène la volonté naturelle de l’homme (souvent opposée à Dieu, rebelle à Dieu… et ce depuis les origines) en Dieu et rétablisse ainsi l’homme dans sa grandeur (non pas comme esclave du péché et du mal mais libre « Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie: Abba ! Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu. » Ga 4,6-7)
A Gethsémani et sur la croix, se présentera en Jésus, toute la résistance de la nature humaine contre Dieu, notre obstination, notre rébellion contre Dieu et Jésus entraînera dans son combat tout cela vers le Haut, vers le Père pour sauver l’Humanité et la plonger entièrement en Dieu.

« Lorsqu'il eut dit ces choses, Jésus alla avec ses disciples de l'autre côté du torrent du Cédron, où se trouvait un jardin, dans lequel il entra, lui et ses disciples » (Jn 18,1) Jésus se rend dans un « jardin » . Or Jean reprend ce même mot lors de la résurrection « Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n'avait été mis. » (Jn 19,41). Il est évident que Jean veut nous montrer que le « jardin » fait allusion au Paradis et au péché originel et qu’ici l’histoire est reprise. C’est dans le jardin qu’a eu lieu la trahison mais aussi la résurrection, c’est dans le jardin que Jésus a accepté jusqu’au bout la volonté du Père, il l’a faite sienne et ensuite il a renversé l’histoire.

Comme à la Transfiguration, Jésus emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean au Mont des Oliviers. Même s’ils sont à plusieurs reprises vaincus par le sommeil, les disciples sont témoins de son combat nocturne. Jésus leur dit « Mon âme est triste à en mourir; restez ici, et veillez. » (Mc 14,34). L’invitation à la vigilance à cette heure là, est aussi une invitation pour nous : la somnolence demeure l’occasion favorable pour les puissances du mal. Ce manque de vigilance aussi bien à l’égard de la présence toute proche de Dieu qu’à l’égard des puissances du mal confère à Satan un pouvoir sur le monde. En présence des disciples ensommeillés et peu disposés à s’alarmer, Jésus dit « Mon âme est triste à en mourir ».

Puis vient la véritable prière où est présent tout le drame de notre rédemption. « Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta contre terre, et pria que, s'il était possible, cette heure s'éloignât de lui. » (Mc 14,35) Et Marc continue par cette phrase essentielle de la prière de Jésus : « Abba, Père, toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (Mc 14,36)
Jésus fait l’expérience de la peur, le trouble devant le pouvoir de la mort, l’épouvante devant l’abîme du néant qui le fait trembler et même « sa sueur devint comme des gouttes de sang, qui tombaient à terre. » (Lc 22,44) Jésus fait l’expérience de cette angoisse de la créature à l’approche de la mort mais c’est bien plus que cela. Parce qu’il est Fils, il peut voir avec une extrême clarté toute la marée immonde du mal, tout le pouvoir du mensonge et de l’orgueil, toute la ruse et l’atrocité du mal qui œuvrent continuellement à détruire, à défigurer et à anéantir la vie. Précisément, parce qu’il est Fils, il éprouve en profondeur l’horreur, le dégout et la trahison qu’il doit boire dans cette coupe qui lui est destinée : tout le pouvoir du péché et de la mort. C’est tout cela qu’il doit accueillir en lui, afin qu’en lui, tout cela soit privé de pouvoir et soit vaincu !
Son angoisse est bien plus que l’angoisse qui assaille tout homme face à la mort : c’est l’affrontement même entre la lumière et les ténèbres, entre la vie et la mort. Mais par la croix « il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles ». (Col 2,15) C’est pour cela qu’il est venu « Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. » (1 Jn 3,8)

« Maintenant mon âme est troublée. Et que dirais-je?... Père, délivre-moi de cette heure? ... Mais c'est pour cela que je suis venu jusqu'à cette heure. Père, glorifie ton nom! Et une voix vint du ciel: Je l'ai glorifié, et je le glorifierai encore. » (Jn 12,27-28)
Le tourment de l’âme de Jésus ( « Mon âme est triste à en mourir » ) pousse Jésus à demander d’être sauvé de cette heure. Mais la conscience de sa mission, le fait qu’il soit venu justement pour cela, lui fait prononcer la deuxième demande, la demande que Dieu glorifie son Nom. La croix devient la glorification du nom de Dieu. C’est en effet ainsi que Dieu se manifeste pour ce qu’il est : le Dieu qui, dans le fait de se donner lui-même, oppose à toutes les puissances du mal, le vrai pouvoir du bien.

Mais Dieu glorifiera son Fils en l’élevant sur la croix. « il s'est humilié lui–même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au–dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus–Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. » (Ph 2,8-11)
L’obéissance du Fils nous a valu d’être sauvés, d’être vainqueurs, de nous savoir fils et fille de Dieu et de pouvoir donner un sens à notre vie, alors que l’ennemi, qui est « menteur » depuis les origines (Jn 8,44), nous fait croire que nous sommes perdus, vaincus, orphelins et sans véritable destinée !
« Tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi.Qui est celui qui a triomphé du monde, sinon celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu ? C'est lui, Jésus–Christ » (1 Jn 5,4-5)



CONCLUSION
Sa nourriture étant de faire la volonté de son Père, il s'adressera sans cesse à Lui dans la prière, en toutes occasions, pour recevoir instructions et directives. Ses regards resteront fixés sur le Père, afin de ne faire que ce qu'il voit faire au Père, et de le faire pareillement (Jn 5,19).
Jésus est venu pour nous apporter la révélation du Père, pour nous réconcilier avec Lui, pour former des disciples à sa suite et pour détruire toutes les puissances du mal par sa mort et sa résurrection. Nous sommes appelés à fixer notre regard sur Jésus afin qu’il nous mène au Père « Nul ne vient au Père que par moi. » (Jn 4,16), nous sommes appelés à écouter le Fils comme le Père nous le demande « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le » (Mt 17,5), à lui obéir, à nous laisser enseigner et corriger par lui et à le suivre. C’est là que nous apprendrons à grandir en tant que fils et fille de Dieu.
Rentrons dans une plus grande intimité avec Jésus afin qu’il nous élève vers le Père et nous ouvre les portes qui mènent au Roi de Gloire pour nous réconcilier avec Lui, nous laisser aimer par Lui, fortifier par Lui, remodeler par Lui… Il est NOTRE PERE.

Les responsables


 
 
 
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